Dans la section :TEXTES DE SAGESSE

La MESSE sur le MONDE

... je n'ai ni pain, ni vin, ni autel...

Puisque, une fois encore, Seigneur, non plus dans les forêts de l'Aisne, mais dans les steppes d'Asie, je n'ai ni pain, ni vin, ni autel, je m'élèverai par-dessus les symboles jusqu'à la pure majesté du Réel, et je vous offrirai, moi votre prêtre, sur l'autel de la Terre entière, le travail et la peine du Monde.

Le soleil vient d'illuminer, là-bas, la frange extrême du premier Orient. Une fois de plus, sous la nappe mouvante de ses feux, la surface vivante de la Terre s'éveille, frémit, et recommence son effrayant labeur. Je placerai sur ma patène, ô mon Dieu, la moisson attendue de ce nouvel effort. Je verserai dans mon calice la sève de tous les fruits qui seront aujourd'hui broyés.

Mon calice et ma patène, ce sont les profondeurs d'une âme largement ouverte à toutes les forces qui, dans un instant, vont s'élever de tous les points du Globe et converger vers l'Esprit. Qu'ils viennent donc à moi, le souvenir et la mystique présence de ceux que la lumière éveille pour une nouvelle journée ! (...)

Cette multitude agitée, trouble ou distincte, dont l'immensité nous épouvante - cet Océan humain, dont les lentes et monotones oscillations jettent le trouble dans les cœurs les plus croyants, je veux qu'en ce moment mon être résonne à son murmure profond. Tout ce qui va augmenter dans le Monde, au cours de cette journée, tout ce qui va diminuer, - tout ce qui va mourir, aussi - voilà, Seigneur, ce que je m'efforce de ramasser en moi pour vous le tendre ; voilà la matière de mon sacrifice, le seul dont vous ayez envie.

Jadis, on traînait dans votre temple les prémices des récoltes et la fleur des troupeaux. L'offrande que vous attendez vraiment, celle dont vous avez mystérieusement besoin chaque jour pour apaiser votre faim, pour étancher votre soif, ce n'est rien moins que l'accroissement du Monde emporté par l'universel devenir...

Recevez, Seigneur, cette Hostie totale que la Création mue par votre attrait, vous présente à l'aube nouvelle. Ce pain, notre effort, il n'est de lui-même, je le sais, qu'une désagrégation immense. Ce vin, notre douleur, il n'est encore, hélas! Qu’un dissolvant breuvage. Mais, au fond de cette masse informe, vous avez mis - j'en suis sûr, parce que je le sens ¬un irrésistible et sanctifiant désir qui nous fait tous crier, depuis l'impie jusqu'au fidèle : « Seigneur, faites-nous un ! ».

* De tous les textes de Teilhard, celui-ci, intitulé « La messe sur le monde », est peut-être le plus célèbre.
Il a été écrit en 1923, quand le Père Teilhard de Chardin se trouvait en mission scientifique en Chine, plus précisément dans les Ordos, une province de la Mongolie extérieure.

Site à visiter

Cliquer sur le fichier PDF

Tags: »
Autreas articles: TEXTES DE SAGESSE
KYRIE KYRIE ELEISON Taizé
DONA NOBIS PACEM
POUR LA PREMIÈRE FOIS
JESU REDEMPTOR
UNE PRIÈRE CHANTÉE !
PROCLAMEZ
LES MERVEILLES DE DIEU
Alors que NOËL approche...
Nous t'espérons SEIGNEUR !
JÉSUS, MON ROI
VOEUX DE PÂQUES
Navigateurs: Internet Explorer version 10 et +, Firefox et Chrome | Copyright: Filles de la Sagesse Canada 2005-2014
| BRÊVES ET ACTUALITÉS || A VOUS LA PAROLE || BABILLARD || MANIFESTE |
| LEADERSHIP PROVINCIAL || VIE CONSACRÉE || ANIMATION VOCATIONNELLE || NOS FONDATEURS || UN PEU D HISTOIRE |
| PRIER LA SAGESSE || TEXTES DE SAGESSE || FORMATION PERMANENTE || LA SAGESSE APPELLE |
| JPIC || SERVICE INTERNATIONAL || UNANIMA |
| DIAPORAMAS || BIBLIOGRAPHIE || LIENS |