Un Monde sous tensions-EMI 2014


Colloque de l'Entraide Missionnaire Internationale -  2014
«Un Monde sous tensions»

Maryse Lavallée
Collaboration spéciale

Le thème du colloque 2014 : «Un monde sous tensions» avait pour  logo, un immense cordage tendu au point de céder, ne tenant plus qu’à un brin. C’est un symbole évocateur  à la  fois fort, interpelant et plutôt menaçant. En le voyant, j’ai imaginé un contenu très lourd et  je n’avais pas très envie de m’y frotter. Je craignais de me remuer l `âme et d’en ressortir uniquement troublée et surtout impuissante. Par ailleurs, ayant vécu le Congrès l'an dernier, je me suis rappelé combien les conférenciers invités contribuent à ouvrir nos esprits  sans partisannerie. Ce sont des gens rigoureux et engagés dont les informations et réflexions sont documentées. Ces personnes nous incitent à réfléchir et  veulent contribuer au mieux-être planétaire. Aussi, j’ai finalement décidé de faire confiance et de participer au Congrès 2014 !

Impact des médias
Les  conférenciers nous ont, tour à  tour, invités à faire  un survol de la manière biaisée avec laquelle l’information est diffusée, des enjeux sous-tendus  et de l’impact des medias sur nous. Que ce soit par des images catastrophiques qui défilent en boucle et ne montrent qu’une vision parcellaire de situations désastreuses, que ce soit sous forme de  contenus écrits  toujours menaçants, l’effet recherché est  souvent le même. Cette façon biaisée de faire la nouvelle suscite  de notre part un sentiment  d’indignation, d’impuissance et de grande insécurité, légitime chez tout être humain bien constitué. Toutefois  cela génère une grande émotivité  à laquelle il nous faut être attentif, pour ne pas succomber à la déviation proposée et  nous priver  de notre capacité à réfléchir  et à trouver des sources d’information plus sérieuses.

État de la situation mondiale
Nous avons été sensibilisés à la réalité   de la République Centre Africaine, où règnent  des conflits à  travers tout le pays, puis  à la crise au Moyen Orient où on peut faire le même constat. Au terme de la journée un  documentaire produit par un jeune journaliste français nous a invités à  un long périple a vélo. A travers ce film on pouvait   constater les conséquences de la guerre sur les individus et les familles  dans  les pays qui ont vécu  de près ces conflits : Bosnie. Croatie, Ukraine, Hiroshima … Ce jeune journaliste a rencontré les personnes dans leur milieu de vie. Les témoignages étaient touchants et éloquents.

Même enjeu : celui du pouvoir et des richesses
Comme prévu je me suis sentie interpelée et troublée par ces propos et ces images. Le principal constat a été  de réaliser que toutes ces tensions et ces guerres sont fondées bien plus sur  l'enjeu du POUVOIR, de l’ARGENT, de  la DOMINATION, de la Possession de  Ressources Naturelles  que sur l’intolérance raciale ou religieuse... Les déchirements sont avant tout  provoqués  par des magnats avides de puissance  qui n’ont aucun scrupule à générer des divisions et alimenter l’industrie de la guerre matérielle. Aucune considération pour la personne «unique au monde»  que le Petit Prince de Saint-Exupéry évoque.

Un baume et un chemin ouvert à la  possibilité de faire la paix
Ces journées de congrès ont été lourdes au plan du contenu traité. Toutefois de belles lueurs ont émergé avec  le propos sur la place que la musique et   la créativité peuvent occuper. Au point de faire échec à la violence et pression sur les gouvernements. L’écoute de la chanson «Le Déserteur» de Boris Vian nous a rappelé le pouvoir qu’on a en chacun de nous   de refuser  la guerre et de dénoncer les gâchis qu’elle provoque.On a aussi évoqué les textes des «slameurs» qui écrivent pour exprimer leur  désaccord  sur les conflits,  dénoncer les politiques dévastatrices, ou pour faire appel à la paix. Moyens concrets.  Exemples de mobilisation populaire pour faire entendre aux dirigeants un rappel à l’ordre. Cette dernière conférence a mis un peu de baume  et ouvert des chemins pour toute personne qui souhaite promouvoir la paix.  Ici au Québec, Raymond Lévesque  a écrit «Quand les hommes vivront d’amour» : chanson qui n'aura jamais fini de nous toucher directement au cœur.

Que m’est-il resté de ce colloque ? 
Premièrement, un aspect très rassurant sur l’être humain en temps qu’individu. Tous les témoins rencontré-e-s qui ont été victimes de la guerre  ont témoigné de leur attachement à leurs proches, du souci qu’ils ont mis à les secourir et soulager. Certes, ils étaient profondément marqués et ont mentionné qu’avant ces agressions massives, ils vivaient plutôt en bon terme avec leurs voisins. Tous dénonçaient la guerre et ses atrocités et se voulaient plutôt bâtisseurs de paix. Les propos des simples citoyens  m’ont rassurée sur l’être humain qui individuellement est plutôt une personne de bonté qui aspire au bonheur.

Face au constat mondial, je me suis demandé comment sortir de l’impuissance et de l’effet déprimant des réalités évoquées.

  • L’appel de la musique que je pratique par exemple en chant choral est un excellent moyen. Cette activité, qui apporte harmonie et bienfait, est déjà un bon moyen de contribuer à la paix car elle rassemble autant les exécutants que les auditeurs. Je poursuivrai cette pratique en y associant un angle différent : je  serai plus consciente que cela bénéficie à tous.
  • De plus, je continuerai de cultiver dans mon quotidien l’habitude de  poser consciemment des gestes de bienveillance.
  • Ayant une meilleure conscience des enjeux sur la planète, je  sais mieux où  me mobiliser socialement.

Le colloque courageux a rempli sa mission en invitant à la conscientisation et à la mobilisation. Merci !

Je termine par une éloquente anecdote  qui prend tout son sens comme conclusion...
Une personne marchait sur la plage et recueillait une à une des étoiles de mer échouées pour les relancer à l’eau.
Un homme passant tout près lui demande ce qu’il fait.
Il répond :  «Je relance ces étoiles à  l’eau pour qu’elles vivent!»
Le passant de rétorquer : «Oui mais as-tu vu qu’il y en a sur des kilomètres et des kilomètres ? Quelle différence crois-tu que ça fait?»
Le premier de répondre tout en relançant une étoile a l’eau :
«Pour les autres je ne sais pas, mais pour celle-ci, ça  fait toute une  différence !»

À lire aussi: UN CONGRÈS CONVIAL ET ENRICHISSANT 
                           EMI - Commentaires