Les Cantiques du père de Montfort


Transmission orale des Cantiques du père de Montfort de 1700 à 2000

par Hélène LeMay fdlS

En 1902, Combes prit le pouvoir en France. Pour limiter la puissance de la religion et des communautés religieuses, des mesures légales drastiques furent imposées. Plus de 3 000 écoles catholiques furent fermées immédiatement et 12 000 de plus en 1904. La plupart de ces écoles se transformèrent en établissements privés. Nous trouvons cette information dans : Christianisme et Vendée. La création au XIXe d'un foyer du catholicisme, Acte du Colloque tenu à La Roche-sur-Yon les 22, 23 et 24 avril 1999, Centre vendéen de recherches historiques, 2000, p. 528.

Ceci n'empêcha pas une certaine institutrice d'utiliser un stratagème dont l'histoire nous est transmise par une de ses étudiantes devenue maman que nous identifierons plus bas.

Tous les jours, après l'école, cette jeune institutrice catholique rassemblait les élèves qui le voulaient bien pour chanter ensemble. Tout devait être appris « par cour » (pour ne pas contrevenir à la loi - et surtout pour ne pas être découvert) dans une mesure de résistance aux lois. Quelques années plus tard, devenue maman, une des participantes à ce chour de chant particulier continuait de chanter ces chants dont elle avait conservé la mémoire. Tous les couplets de tous ces chants imprégnaient la mémoire de ses nombreux enfants. La famille émigra au Canada.

Deux des filles, Marcelle, née en 1918 et Thérèse, née en 1920, se présentèrent au Noviciat des Filles de la Sagesse d'Ottawa. Dès les premières semaines, ces dernières se sentirent en pays de connaissance puisqu'elles savaient déjà « par coeur » de nombreux « Cantiques » du père de Montfort. Cette jeune étudiante dans la classe de l'institutrice chantante était leur maman.

Thérèse Tourillon vit toujours (en 2007) et nous a relaté ce précieux récit qui permet d'affirmer que la tradition orale des « Cantiques » s'est transmise jusqu'au XXIe siècle.

Hélène LeMay